Rémy Lach · Sublimes Aquarelles Formation

2 août 2026

Faut-il poursuivre un rêve pour trouver son style à l'aquarelle ?

Non. Pour trouver votre style à l'aquarelle, ne poursuivez pas un rêve et ne cherchez pas à « révéler votre âme d'artiste » : évitez vos cauchemars. Je n'ai jamais trouvé mon style en sachant ce que je voulais faire. Je l'ai trouvé en écoutant les moments clés où une part de moi disait « je ne veux plus de ça », puis en ayant le courage de me lancer, quitte à me planter.

Pourquoi la réponse habituelle ne suffit pas ?

Aquarelles d'élèves peintes d'après leurs propres photos, sans tutoriel
Aquarelles d'élèves peintes d'après leurs propres photos, sans tutoriel

Quand on me demandait comment j'avais trouvé mon style, je répondais jusqu'à présent : « Regarde des artistes qui te parlent, que tu as envie de peindre. » À l'époque, j'avais vu la vidéo d'un aquarelliste sur YouTube et je m'étais dit que c'était trop beau, ce qu'il faisait. Mais je pense que ce n'est pas ça qui a défini mon style.

Avant de trouver votre style, vous vous êtes mis à l'aquarelle. La raison qui vous y a amené n'est pas celle que vous donnez en société. « Je voulais trouver mon unicité », c'est l'histoire qu'on se raconte. La vraie raison est en général cachée, enfouie, presque inconsciente. Souvent, elle n'a rien à voir avec l'aquarelle. Pour beaucoup d'élèves que j'accompagne, c'est une période très difficile de leur vie.

Qu'est-ce qu'un moment clé ?

J'ai quitté 15 ans de salariat. La réponse socialement acceptée, c'est que je voulais vivre de ma passion. La vraie réponse, c'est que j'ai fui. Je gagnais bien ma vie, j'avais un statut de cadre, une équipe à manager, une position enviable par beaucoup. Mais à aucun moment je n'enviais ma vie.

Ce qui m'a décidé, ce sont des moments qui, vus de l'extérieur, n'avaient rien de spectaculaire :

Ce sont des microprises de conscience. Elles peuvent durer quelques secondes, mais elles vous définissent profondément. J'en avais honte, parce qu'elles ont l'air banales et qu'on pourrait me juger. Pourtant, ce que vous vivez à l'intérieur n'a peut-être rien à voir avec ce qu'on perçoit de l'extérieur. Ces moments vous appartiennent. Il ne faut pas en avoir honte, il faut les déterrer.

Plus l'écart est grand entre la réalité que vous vivez et celle que vous montrez à la société, moins vous avez de chances de trouver votre style à l'aquarelle.

Comment ce principe a changé ma manière d'enseigner ?

Une aquarelle d'Évasion estivale : ciel, mer, vagues, sable et rochers
Une aquarelle d'Évasion estivale : ciel, mer, vagues, sable et rochers

Pendant 1 an, j'ai fait des lives avec mes élèves, presque toutes les semaines ou toutes les 2 semaines. Le concept s'appelait Évasion estivale : je prenais une aquarelle que j'avais déjà faite et je la déconstruisais. Le ciel, la mer, les vagues, le sable, les rochers, puis on assemblait tout. C'est ce que j'appelle les LEGO aquarelle : des petites briques que vous assemblez et qui vous permettent de faire une aquarelle en quelques minutes.

J'ai dû en faire 30 ou 40, d'environ 2h chacun. Les élèves adoraient et avaient de super résultats. Mais au bout de plusieurs saisons, j'en avais juste marre. Partager encore et encore des techniques déjà éprouvées, sur une aquarelle déjà faite, c'était devenu insupportable. Pourtant, ça me faisait vivre. J'ai arrêté.

Il y avait une chose que je ne m'autorisais pas : rater. Quand on enseigne l'aquarelle, on se dit qu'on n'a pas le droit de rater, qu'il faut que ça fonctionne. C'est ce « il faut que ça fonctionne » qui nous tue. Aujourd'hui, je pars des photos de mes élèves et je leur dis : « Peut-être que je vais foirer le truc, peut-être que ça va être moche, mais j'ai envie de le faire parce que c'est ça qui est fun. » Des fois, ça ne donne rien ; des fois, ça donne quelque chose de vraiment sympa. Ce sont des moments où je me sens vivant.

Les élèves m'ont dit que les moments où je me plante sont les meilleurs : ils voient comment je rattrape, comment j'essaie de rectifier le tir, et c'est la vraie vie, celle qu'ils vivent devant leur papier. Ça, je ne pouvais pas le deviner.

Comment trouver votre style, étape par étape ?

Une forêt lumineuse peinte en live d'après la photo d'une élève
Une forêt lumineuse peinte en live d'après la photo d'une élève
  1. Écoutez vos moments clés. Repérez ces moments, dans votre pratique de l'aquarelle ou dans votre vie, où vous sentez qu'un truc cloche, qu'il n'est pas pour vous. Sur le coup, c'est dur, triste, rageant, frustrant. Mais ils sont en train de construire votre style. Ayez de la reconnaissance envers eux : ce sont les clés qui ouvrent la porte.
  2. Ayez le courage de vous lancer, quitte à vous planter. Revenir aux tutoriels, c'est sécurisant, mais pour trouver votre style, c'est probablement une des pires choses à faire. Suivre un tutoriel, c'est suivre le chemin d'un autre sans avoir vécu ne serait-ce que 10 % de ce qu'il a vécu. Montrez ce que vous faites, que ce soit moche ou beau, et assumez-le : c'est en train de définir votre style de demain, même si vous ne savez pas sous quelle forme.
  3. Faites-en une habitude. Pour certaines personnes, ce cycle prend jusqu'à la retraite. En musclant cette capacité à repérer ce que vous ne voulez plus vivre, vous pouvez le réduire à quelques semaines ou quelques mois. Vous vous sentirez perdu un temps, puis vous prendrez un chemin, parce que la douleur sera devenue insupportable : « J'en ai marre de faire des crottes à l'aquarelle, j'en ai marre d'avoir des couleurs boueuses. » Soit ça se passe mal et vous recommencez le cycle, soit vous avez un déclic.

Pourquoi votre aquarelle reflète-t-elle votre vie ?

La façon dont vous peignez est le reflet de votre vie. Si vous êtes dans le perfectionnisme, dans les non-dits, si vous ne voulez pas déranger, si vous avez peur du jugement des autres, il y a de fortes chances que ce soit exactement pareil à l'aquarelle.

C'est pour ça que je parle de l'aquarelle comme d'un terrain fertile pour les défis à faible enjeu. Montrer une crotte que vous avez faite et voir la réaction, c'est en général 10 fois moins grave que le pire scénario envisagé. C'est une excellente porte d'entrée pour travailler ce muscle du « je ne veux plus de ça ».

Pour moi, un cauchemar, c'est d'être trop dans le détail, de surtravailler, de faire des pattes de mouche sur le papier. Je fais tout pour éviter ça, et c'est devenu une signature de mon art et de mon enseignement.

Questions fréquentes

Faut-il s'inspirer d'autres artistes pour trouver son style à l'aquarelle ?

C'est la réponse que je donnais avant, et un artiste vu sur YouTube m'a donné envie de peindre. Mais je pense que ce n'est pas ce qui a défini mon style : ce sont les moments où j'ai compris ce que je ne voulais plus.

Que faire si l'on ne sait pas ce qu'on veut à l'aquarelle ?

C'est normal : à aucun moment vous ne saurez exactement ce que vous voulez. En revanche, vous savez ce que vous ne voulez plus vivre, et c'est ça qui donne le courage d'ouvrir une nouvelle porte.

La technique suffit-elle à trouver son style ?

Les techniques sont de super raccourcis, et je les enseigne. Mais les plus gros déclics se produisent dans la tête et dans le cœur, pas au niveau de la technique.

Si vous voulez enfin créer par vous-même, avec une méthode éprouvée plutôt que de copier les tutos, c'est exactement ce que vous allez découvrir ici 👇

Découvrir la Méthode Sublimes Aquarelles

À lire aussi