Rémy Lach · Sublimes Aquarelles Formation

15 juillet 2026

Comment débloquer sa pratique de l'aquarelle ?

Si vous avez du mal à vous mettre à l'aquarelle ou si vous sentez un blocage dans votre pratique, ne prenez pas tout de suite votre pinceau, vos pigments ou votre palette : identifiez d'abord ce qui vous bloque. Souvent, ce n'est pas le résultat de l'aquarelle qui cloche, mais une pression que vous vous mettez ou trop de choses à gérer en même temps. En allégeant ce point, l'aquarelle redevient un jeu plutôt qu'un enjeu, et les déclics arrivent.

Pourquoi on se retrouve bloqué à l'aquarelle ?

Vous vous mettez une pression de malade, que ce soit sur le résultat, sur une certaine manière de faire ou sur certains tutos à suivre. Au bout d'un moment, ça vous bloque.

Je parle d'expérience : pendant 4 ans, j'ai arrêté de peindre à l'aquarelle à cause de ça, parce que je me mettais une pression énorme. Puis j'ai compris que j'avais juste à prendre du plaisir dans ma pratique, quelle que soit l'issue du résultat. Après, oui, il y a des techniques à apprendre. Mais ça, c'est le point le plus important. C'est ce qui m'a permis de réaliser plus de 1000 aquarelles sans aucun tutoriel.

Qu'est-ce que la surcharge cognitive à l'aquarelle ?

Bateaux et plage turquoise peints pendant l'atelier Sublime Mer
Bateaux et plage turquoise peints pendant l'atelier Sublime Mer

C'est le fait d'apprendre trop de techniques à la fois. Au bout d'un moment, ça finit par nous desservir, parce qu'on a trop de choses à gérer à l'aquarelle. Je répète souvent que je ne veux pas que l'enseignement devienne « l'encyclopédie de l'aquarelle ». Et pourtant, je suis tombé exactement dans cette erreur.

J'avais préparé un atelier en direct, l'atelier Sublime Mer, avec 11 techniques pour peindre la mer, organisées en plusieurs parties :

L'atelier a duré plus de 3 heures. Je m'étais mis une pression énorme pour le préparer, je m'étais levé très tôt pendant presque 2 weekends entiers. J'avais l'impression de balancer aux élèves « l'encyclopédie de la mer ».

Pendant l'atelier, je voyais les gens commencer à fatiguer. Les retours étaient gentils : « C'est hyper dense, c'est trop bien, mais il va falloir que je revoie le replay. » C'est comme quand quelqu'un dit de vos aquarelles « c'est super joli, c'est vraiment sympa » : vous sentez qu'il y a quelque chose qui cloche, sans savoir quoi exactement. Au final, les élèves n'en retiendraient peut-être que 10 à 20 %, 1 ou 2 techniques. Le vrai problème, c'était la surcharge cognitive : trop de thèmes et trop de techniques abordés en même temps.

Comment alléger : l'exemple de l'atelier Sublime Forêt

Atelier Sublime Forêt : arbres simples, dont un arbre nu pour les branches
Atelier Sublime Forêt : arbres simples, dont un arbre nu pour les branches

Quelques semaines plus tard, j'ai préparé un autre atelier. Au début, je voulais l'appeler Sublime Nature. Mais la nature, ça comprend la campagne, les montagnes, les forêts, les rivières, les champs, absolument tout. Je me voyais déjà retomber dans le même problème : fournir l'encyclopédie de la nature à l'aquarelle, pendant 3 heures encore une fois.

J'ai donc dit aux élèves : « On va se prendre moins la tête. » L'atelier a porté sur un seul sous-thème, la forêt. Si ça fonctionne, on fera les autres thèmes, et ce sera beaucoup plus léger.

Repartir de la base : un seul arbre

Sur la mer, j'avais cherché l'effet waouh. La première réalisation utilisait ce que j'appelle la technique de la mer miroir, où la mer est un miroir du ciel. C'est très lumineux, c'est bien pour montrer aux gens. Mais pédagogiquement, ça ne les aide pas tant que ça.

Pour la forêt, je suis reparti de la base : une forêt, c'est constitué d'arbres. Donc juste un arbre. Ça n'a peut-être pas l'effet waouh, mais ça m'a permis d'expliquer comment fonctionnent les branches et l'erreur à ne pas faire :

Monter progressivement, sans tout faire

Comme je n'avais pas 10 000 techniques à montrer, j'ai eu le temps de poser ces bases. Ensuite, on a pu aller plus loin : une petite forêt, puis une forêt lumineuse, puis des sapins lumineux. Et on ne fait pas tout. On ne s'embête pas avec le ciel ni avec l'arrière-plan : on peint juste le point central de l'aquarelle, la forêt.

Le live a duré beaucoup moins longtemps, 2 heures et quelques. Je n'ai pas eu le retour « il va falloir que je revoie le replay ». Au contraire, les élèves m'ont dit : « Cet atelier était trop bien, recommence. » Certains ont même dit : « C'est bluffant, je ne pensais pas qu'on pouvait faire un truc aussi sympa en si peu de temps. » Et moi, j'ai adoré faire ce live.

Pourquoi la même méthode sur des cas différents crée des déclics

Une forêt et ses reflets, peinte avec la même méthode
Une forêt et ses reflets, peinte avec la même méthode

Dans cet atelier, j'utilise exactement la même méthode d'une aquarelle à l'autre : la forêt avec de l'ombre, puis la forêt avec les reflets. C'est tout le temps la même chose. Mais les mêmes choses appliquées à chaque fois sur des cas différents, ça a l'effet d'une bombe atomique à l'aquarelle. C'est ce qui crée les plus gros déclics.

Pour préparer, je ne me suis pas demandé quelles techniques ajouter. Je me suis demandé :

  1. Qu'est-ce qui ferait que je m'amuserais pendant l'atelier ?
  2. Qu'est-ce qui ferait que les élèves s'amuseraient ?
  3. Qu'est-ce qui ferait qu'ils deviennent vraiment autonomes, sans avoir 10 000 techniques à gérer ?

Comment identifier ce qui cloche dans votre pratique

L'aquarelle d'arbre qui a bluffé les élèves, à côté de sa photo
L'aquarelle d'arbre qui a bluffé les élèves, à côté de sa photo

Tout commence par une sensation. Vous sentez au fond de vous qu'il y a un truc qui ne va pas : vous vous mettez une pression qui ne vous convient pas, ou vous créez des aquarelles qui ne vous conviennent pas. C'est que vous vous attachez aux mauvaises choses, ou que vous faites une chose de la mauvaise manière.

Ensuite :

  1. Identifiez cette chose avant de reprendre le pinceau. Ne regardez pas seulement le rendu : on s'attache souvent trop au résultat, alors que ce qui cloche, c'est peut-être une pression en trop.
  2. Réajustez-la pour que ça devienne beaucoup plus léger, un jeu plutôt qu'un enjeu. Pour mon atelier, ça voulait dire moins de pression de ma part, moins de charge cognitive pour les élèves, plus de fun et plus de légèreté.
  3. Continuez à l'ajuster au fil de l'eau : ça va évoluer avec le temps.

L'idée n'est pas de tout jeter. L'atelier sur la mer contient plein de choses, et je pense le refaire en petites éditions, beaucoup plus fun, quitte à en reprendre des parties. Mais il y a probablement un point qui bloque là-dedans. Si vous le trouvez, vous pourrez faire de l'aquarelle pour le restant de votre vie en prenant du plaisir, sans vous mettre la pression.

Questions fréquentes

Faut-il apprendre beaucoup de techniques pour progresser à l'aquarelle ?

Non. Trop de techniques à la fois finissent par vous desservir. Mieux vaut peu de bases, bien posées, puis les réutiliser sur des sujets variés.

Peut-on avoir un effet waouh avec une aquarelle simple ?

Oui. On peut s'amuser, obtenir un effet waouh et progresser en profondeur en même temps, sans chercher à tout peindre.

Le blocage vient-il toujours de la technique ?

Non. Ce qui cloche n'est souvent pas dans le rendu de l'aquarelle, mais dans la pression qu'on se met. C'est ce point qu'il faut alléger en premier.

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